L’université de Poitiers a fait de la biodiversité et de la préservation des espaces naturels un axe stratégique structurant la gestion et la réappropriation des espaces extérieurs. Cela passe notamment par la mise en place d’une trame verte et bleue sur les différents campus et sur la réalisation d’aménagements en faveur de l’environnement.

Valoriser les espaces extérieurs et développer la trame verte

Très tôt l’université de Poitiers a été sensibilisée aux questions de biodiversité notamment via son jardin botanique universitaire qui a servi de laboratoire aux actions menées en matière de gestion durable et diversifiée sur les campus. Mais au-delà de cet espace particulier, la gestion des campus se révèle plus complexe du fait de l’intensité des usages qui génèrent des impacts négatifs sur la biodiversité.

Les campus sont intégrés à des territoires plus vastes, des agglomérations, et c’est à cette échelle que se définie la trame verte, c’est-à-dire le réseau des continuités écologiques. Les campus visent à être des passerelles entre des zones périphériques en même temps que des refuges pour la biodiversité végétale et animale. L’Université a réalisé des inventaires partiels de biodiversité, avec la volonté de mesurer l’impact de son activité sur son environnement, d’adapter sa gestion et d’identifier les zones à fort potentiels de biodiversité en termes de flore et faune.

Ce travail a permis une valorisation et une réappropriation des espaces des différents campus à partir d’une approche sensible et paysagère :

  • Création d’ilots de biodiversité
    Sur les 40 hectares d’espaces verts du campus plus de 7 hectares sont soit laissés en friche soit font l’objet de fauches tardives pour préserver ces ilots de biodiversité où la faune peut se reposer, se reproduire et où des espèces floristiques remarquables comme les orchidées ont la possibilité d’être préservées.
  • Installation de nichoirs pour différentes espèces diurnes et nocturnes
    Le campus est inscrit comme refuge LPO (Ligue de la Protection des Oiseaux).
  • Suppression régulière des zones goudronnées au profit d’espaces plus naturels
    Avec par exemple, lors de la réfection des parkings, la matérialisation de places de stationnements enherbés délimités par des fossés ou des noues accueillant des plantations. Ce qui a notamment été le cas avec le réaménagement des parkings du secteur C (sport et IUT) et D (Médecine), soit un investissement de 2 M€.
    Cela peut passer aussi par la suppression de certaines voies de circulation comme l’allée Jean Monnet qui sera rendue au piétons et cycliste et en partie enherbée.
  • Réalisation de plantations avec une diversification des espèces en favorisant celles locales et résistantes

Aujourd’hui le campus compte plus de 200 espèces végétales différentes, mais de qualités inégales et avec des strates essentiellement basses et très hautes. La cartographie de l’avifaune réalisée par le laboratoire EBI a mis en évidence l’absence de strate intermédiaire, indispensable à certaines espèces et nécessaires pour effacer les obstacles que constituent les bâtiments hauts du campus. Les réaménagements en cours permettent de pallier cette lacune par des plantations arbustives adaptées et l’implantation de haies entomofaunes.

Développer la trame bleue pour améliorer le parcours de l’eau et préserver la biodiversité des zones humides

L’identification et la restauration de la trame bleue à l’échelle de chaque campus, en lien avec la spécificité de chaque territoire, répond là aussi à la nécessité d’une continuité écologique mais portant sur les courts d’eau et zones humides.

Plusieurs actions ont et vont être menées pour recréer les parcours de l’eau :

  • Suppression régulière des zones d’imperméabilité des sols liées aux espaces et voies goudronnées, par des aménagements naturels. Ce qui est le cas avec la réfection des parkings ou la suppression de certaines voies de circulation.
  • Réalisation de fossés et de noues, lors des nouveaux aménagements, pour permettre à l’eau de s’évacuer naturellement et permettre aux espèces des zones humides de trouver les conditions idéales à leur préservation et à leur développement
  • Création de zones pouvant être inondées, en faisant ainsi un axe structurant du paysage
  • Déconnection des bâtiments du réseau d’eau pluviale pour favoriser la réalimentation des nappes phréatiques

Modifier les pratiques pour une gestion durable et diversifiée sans pesticides

Depuis 10 ans l’Université a pris des mesures fortes en faveur de la biodiversité en abandonnant tous les pesticides et engrais chimiques pour le traitement de ses espaces verts et progressivement de ses voiries.

Aujourd’hui la lutte contre les pollutions a conduit l’Université à opter pour 100% de produits d’entretien éco labellisés pour les locaux et pour les espaces verts 100 % des marchés externalisés intègrent la gestion durable et différenciée, sans pesticides ni engrais chimiques.

En interne, la gestion des espaces verts s’appuie sur une logique de gestion différenciée, c’est-à-dire un entretien non seulement durable mais adapté à la catégorie des surfaces ; des entrées de bâtiments et des zones à forts passages jusqu’aux zones en friche, véritables réservoirs de biodiversité en passant par des espaces intermédiaires avec des fauches tardives.

Le jardin botanique universitaire – Domaine du Deffend

Découvrez ce lieu incroyable de 33 hectares situé dans la ville de Mignaloux-Beauvoir, près du campus de Poitiers. Ce jardin ouvert au public propose notamment un arboretum, un verger, une roseraie, un potager, un espace réservé aux plantes médicinales …

Horaires d’ouverture et renseignements.

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