Qu'est-ce que le harcèlement ? Quand est-ce que ça commence ?

Le harcèlement sexuel emprunte plusieurs formes : plaisanteries obscènes, commentaires sur le physique, le comportement et la tenue, avances à connotation sexuelle, regards insistants, sifflements, attouchements, insistance. Un comportement qui a des conséquences désastreuses sur l’étudiante: perte de confiance en l’autre, dépression, repli sur soi…

‬Le harcèlement peut être le fait de‭ « toute personne‭ »‬,‭ ‬il peut donc s’agir d’un collègue de travail de niveau égal ou subalterne.‬‬‬‬‬‬
La personne qui est en position de pouvoir et d’autorité peut demander ou proposer différentes contreparties à caractère sexuel en échange,‭ ‬par exemple,‭ ‬pour l’étudiant,‭ ‬d’une meilleure note,‭ ‬d’une promotion,‭ ‬d’une lettre de recommandation,‭ ‬d’une publication,‭ ‬d’un financement,‭ ‬etc.‭ ‬Le refus peut entraîner des sanctions importantes‭ (‬exclusion de l’équipe de travail,‭ ‬de l’institution,‭ ‬rupture de contrat,‭ ‬non renouvellement d’un financement,‭ ‬abandon du suivi pédagogique,‭ ‬etc.‭).‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬

Si le harcèlement sexuel n’est pas systématiquement masculin et hétérosexuel,‭ ‬il est le plus souvent le fait d’hommes dont la reconnaissance intellectuelle ne laisse pas soupçonner de telles pratiques dans leur relation avec leurs‭ ‬étudiant‭·‬e‭·‬s.‭ Les victimes,‭ ‬majoritairement des femmes,‭ ‬ne peuvent se permettre d’accuser officiellement leur agresseur.‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬

Harcèlement : que faire ? A qui s'adresser ?

Se sortir de l’agression

Toute agression crée une sidération, qui peut prendre des formes diverses selon les femmes ou les situations (fuite, attaque, immobilité, cris, silence…). La première chose à faire est de trouver les moyens de sortir de la sidération.

En parler

Il faut trouver une personne de confiance :  ami.e., camarade, secrétaire pédagogique, enseignant·e (notamment l’enseignant·e référent·e), association étudiante, syndicat, vice-présidente chargée de la vie étudiante, vice-président à l’égalité, vice-président·e étudiant·e, bureau de la vie étudiante…

A l’extérieur de l’université :

  • 39 19 : numéro gratuit depuis les portables pour un accueil relatif aux violences faites aux femmes
  • Planning familial de Poitiers (05 49 47 76 49) , de Niort (05 49 26 95 08), d’Angoulème (07 68 29 36 79).

Au sein de l’Université :

  • Service de santé universitaire : 05 49 45 33 54
    Permet d’être reçue par un.e assistant·e social.e, un.e infirmier ou une infirmière ou un.e médecin.e, d’être écoutée et d’évaluer la situation. Le SUMPPS propose également un accompagnement psychologique et éventuellement administratif (aide à la rédaction d’un rapport circonstancié) et peut orienter les étudiantes pour une prise en charge thérapeutique ou une aide juridique.
  • CROUS
    Une convention entre le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes et le Centre national des oeuvres universitaires (CNOUS) relative à l’hébergement d’urgence des étudiantes victimes de violences a été conclue en 2014. La convention formalise l’implication du réseau des Centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires (CROUS) dans la prévention et la lutte contre les violences, afin de garantir à toutes les victimes un accès égal à l’information, à l’accompagnement et au soutien, et à augmenter la rapidité des procédures.

    Les CROUS s’engagent notamment à :

    • considérer comme prioritaires toutes les demandes de logement en urgence, notamment celles concernant des étudiant-e-s bénéficiaires ou ayant bénéficié d’une ordonnance de protection, conformément à l’article 20 de la loi du 9 juillet 2010 ;
    • leur proposer des aides financières, le cas échéant ;
    • les orienter vers les partenaires adéquats, notamment en matière de soutien psychologique et de protection des victimes.
    Les étudiantes victimes de violences peuvent être contraintes de changer de région. Dans ces situations, le partenariat devient interrégional, notamment entre les services sociaux des Crous, avec la demande d’accès à un logement en urgence.


    CROUS de Poitiers : 05 49 44 53 42
    service.social@crous-poitiers.fr

Que risque le harceleur ?

Les faits de harcèlement sexuel sont punis de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende.
Ces peines sont portées à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende lorsque les faits sont commis :
1° Par une personne qui abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions ;
2° Sur un mineur de quinze ans ;
3° Sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de leur auteur ;
4° Sur une personne dont la particulière vulnérabilité ou dépendance résultant de la précarité de sa situation économique ou sociale est apparente ou connue de leur auteur ;
5° Par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice. ‭

Ressources

Guide sur « Le harcèlement sexuel dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche » rédigé par l’association CLASCHES (Collectif de Lutte Anti-Sexiste Contre le Harcèlement dans l’Enseignement Supérieur), créée en 2003.

Vade-mecum à l’usage des établissements sur « Le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur et la recherche »rédigé par l’ANEF (Association des Etudes Féministes), CLASCHES et la CPED.

Projet Crocodiles : Histoires de harcèlement et de sexisme ordinaire mises en bandes dessinées par Thomas Mathieu : http://projetcrocodiles.tumblr.com/

NON C’EST NON. Petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire d’Irene Zeilinger , éditions Zones / la découverte.

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