Conférence de Anne Debrosse, maîtresse de conférences à l’université de Poitiers en grec et en littérature comparée. Elle vient de faire paraître La Souvenance et le Désir. La réception des poétesses grecques aux éditions Garnier.

En 1980, Marguerite Yourcenar, lors de son discours d’entrée à l’Académie française, disait qu’elle était « entouré[e], accompagné[e] d’une troupe invisible de femmes qui auraient dû, peut-être, recevoir beaucoup plus tôt cet honneur » ; Louise Labé, en 1555, voulait déjà retrouver des autrices du passé. Depuis longtemps, peut-être de tout temps, des femmes et des hommes ont cherché à retrouver une histoire littéraire des femmes qu’on ne leur avait jamais racontée et qui leur manquait cruellement, tant nous avons tous besoin de modèles auquel nous identifier et tant l’impression d’injustice était, est, vive. L’entreprise ne date donc pas d’hier.
Certes, depuis maintenant presque un demi-siècle, les études de genre travaillent intensivement à tirer les femmes de l’oubli. Pourtant, cela ne suffit pas, la présence des autrices reste discrète dans les enseignements, au point qu’on peut s’interroger sur la postérité des productions féminines. Il s’agit d’explorer les origines de l’écriture féminine, qui constituent un noyau identificatoire pour les écrivaines qui se succèderont ensuite dans l’histoire, tout en comprenant les mécanismes d’invisibilisation et de getthoïsation.

Dans le cadre du festival Égale à égal et du cycle de conférences Amphis des lettres au présent, en partenariat avec l’UFR Lettres et langues de l’université de Poitiers.

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