A l'occasion du 20e anniversaire du House of Lords Reform Act, le laboratoire Mémoire, Identités, Marginalités dans le Monde Occidental Contemporain de l'université de Poitiers organise une journée d'études sur la Chambre des Lords le 11 octobre 2019. Cette journée portera sur le rôle et les pouvoirs de cette chambre controversée au sein du système institutionnel britannique.

En 1999, le House of Lords Reform Act avait apporté des changements drastiques à l’essence même de la Chambre haute britannique. Loi votée au moment de ce que certains ont appelé le tournant constitutionnel du New Labour, le House of Lords Reform Act fut présenté comme un premier pas, crucial, vers une refonte radicale de la structure du Parlement. La disparition annoncée des pairs héréditaires de la chambre était considérée comme la première étape d’une entreprise de démocratisation qui transformerait un des héritages du passé aristocratique britannique en chambre haute démocratiquement élue.

Pour beaucoup, en particulier aux marges les plus radicales du spectre politique, une telle réforme a permis d’espérer que la représentation politique soit améliorée. Cependant, le changement opéré au cours de la décennie qui a suivi est resté modéré, à tel point que certains analystes ont suggéré que la réforme néo-travailliste était plus une manœuvre politicienne destinée à se débarrasser de la traditionnelle force d’opposition conservatrice aux Lords qu’une tentative sincère de leur donner un véritable capital démocratique. Peter Dorey en particulier a suggéré que l’attachement des gouvernements travaillistes à une approche basée sur la primauté de l’exécutif n’a pas permis aux leaders travaillistes de mener à bien une transformation drastique du modèle de Westminster, symbole de ce qu’il appelle leur conservatisme constitutionnel [1].

Avec la participation des libéraux-démocrates à la coalition avec les conservateurs en 2010, les questions de réformes parlementaires ont été remises à l’ordre du jour. En effet, la transformation des Lords en chambre élue était l’une des promesses majeures de la campagne des libéraux-démocrates afin de « nettoyer la politique ». Pourtant, cet engagement est resté en suspens. Par conséquent, les débats sur l’équilibre parlementaire et la réforme constitutionnelle se sont estompés au début des années 2000, malgré la reconfiguration qui a mené à la création de la Cour suprême du Royaume-Uni en 2009, redéfinissant ainsi de façon fondamentale la procédure de contrôle judiciaire et détachant les Law Lords de la chambre. Pour beaucoup, la réforme parlementaire est restée une « affaire inachevée ».

2019 apparait alors comme un bon moment pour faire un bilan de l’état de l’équilibre parlementaire et de l’influence des Lords dans la création de politiques à la lumière des évolutions récentes.

A noter que le Dr Chris Ballinger, Academic Dean et Research Fellow à Exeter College, Oxford interviendra lors de la présentation plénière . Grand spécialiste de ce sujet, il est l’auteur de The House of Lords 1911–2011: A Century of Non-Reform, publié en 2014.

 

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[1] Dorey, Peter, The Labour Party and Constitutional Reform, Palgrave Macmillan, 2008.

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