Le festival Bruits de langues a lieu à Poitiers cette semaine. Il propose des rencontres, lectures, performances, et tables rondes avec des auteurs et autrices contemporaines. Cette année, un projet mené par Élodie Andrieu, étudiante en master 1 livres et médiations a permis de proposer des solutions pour que cette manifestation soit accessible aux personnes en situation de handicap.

Bruits de langues est le seul festival littéraire en France porté par une université. Chaque année, depuis 10 ans, une quinzaines d’auteurs et d’autrices sont invitées pour participer à des temps d’échanges avec le public. Mais il n’est pas toujours facile de rentrer dans une œuvre lorsque l’on est en situation de handicap. C’est pour répondre à cette problématique qu’Élodie Andrieu a réalisé son projet de master sur l’accessibilité du festival. « Certaines personnes n’ont pas accès aux œuvres ni même au programme » constate l’étudiante. « On s’est donc demandé ce qu’il était possible de faire ». En lien avec les recommandations de Handisup, la première étape a été de réaliser une version simplifiée du programme et du livret de présentation des invité·e·s afin que ces documents soient accessibles grâce aux outils de reconnaissance vocale et également aux personnes dyslexiques. « Ensuite, avec les étudiant·e·s de ma promotion, nous avons réalisé des enregistrements sonores d’extraits des œuvres qui seront présentées pendant le festival. Nous espérons que ces enregistrements, disponibles au format epub, permettront aux non ou mal voyants de profiter du festival » explique Elodie.

Au programme du festival, avait lieu ce mardi soir un concert BD « Groenland Manhattan » co-organisé par la Maison des étudiant·e·s. L’occasion de tester pour la première fois un nouveau dispositif mis en place par la MDE : des gilets « subpac » qui traduisent la musique en vibration. Egalement stagiaire à la MDE sur la thématique culture et handicap, Elodie a été chargée de faire la promotion de ce dispositif pour la soirée. Très enthousiaste, elle explique : « J’ai incité des personnes sourdes et malentendantes à venir tester ces gilets. Des personnes qui travaillent dans d’autres structures culturelles de la ville sont aussi venues les tester pour éventuellement reproduire l’expérience. Ces gilets sont légers et discrets et les premiers retours d’utilisateurs sont positifs ». Parmi eux, 5 jeunes de l’institut régional des jeunes sourds accompagnés par deux éducatrices ont visiblement apprécié l’expérimentation et les sensations ressenties. Ils et elles sont tous et toutes motivé·e·s pour revenir assister à d’autres concerts.

 nouveau dispositif mis en place par la MDE : des gilets « subpac » qui traduisent la musique en vibration

« L’université de Poitiers est la première université française à se doter de ces gilets » précise Céline Magnant, directrice de la MDE. « Jusqu’à présent, seuls les grandes structures culturelles et les grands festivals en étaient équipés. Nous avons pu le faire grâce au financement de la Contribution de vie étudiante et de campus (CEVEC). Il s’agit d’une première étape, nous allons maintenant réfléchir à un parcours accessibilité culture handicap avec nos partenaires ».

Elodie va quant à elle continuer à promouvoir l’usage des gilets pour les prochaines manifestations de la MDE. Son stage lui permettra ensuite de faire un état des lieux des dispositifs mis en place pour favoriser l’accès à la culture aux personnes en situation de handicap et de proposer des solutions qui pourront être mises en œuvre à l’université de Poitiers.

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