Avec les progrès des connaissances en neurosciences, on serait tenté de croire que les préjugés et les stéréotypes sur les différences entre les sexes ont été balayés. Ce n’est manifestement pas le cas dans la réalité quotidienne. Télévision, sites internet, presse écrite, prétendent que les femmes sont « naturellement » multi-tâches, douées pour les langues, mais incapables de lire une carte routière, alors que les hommes seraient par essence bricoleurs, bons en maths et pour la compétition.

Ces discours laissent croire que nos aptitudes et nos personnalités sont programmées dans les cerveaux et immuables. Or les recherches en neurobiologie apportent la preuve du contraire. Les nouvelles techniques d’imagerie cérébrale par IRM montrent que le cerveau fabrique sans cesse de nouvelles connexions entre les neurones en fonction des apprentissages et des expériences vécues.

La découverte de la « plasticité cérébrale » est une véritable révolution dans la conception de l’humain. Garçons et filles, éduqués différemment, peuvent montrer des différences de comportement, mais cela ne signifie pas qu’elles étaient inscrites dans le cerveau depuis la naissance. Les schémas stéréotypés ne restent pas figés dans les neurones. À tous les âges de la vie, la plasticité du cerveau permet de changer d’habitudes, d’acquérir de nouveaux talents, de choisir différents itinéraires dans la vie privée comme dans la vie professionnelle. L’objectif de cette conférence est de donner à comprendre les rôles de la biologie et de l’environnement socio-culturel dans la construction de nos identités de filles et de garçons, de femmes et d’hommes.

Catherine Vidal
Neurobiologiste, directrice de recherche honoraire à l’Institut Pasteur de Paris et membre du Comité d’Éthique de l’Inserm où elle est co-responsable du groupe « Genre et Recherche en Santé ».

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