Associée au discours politique comme relevant d’une « rhétorique du raccourci » (J.-M. Cotteret, 2000), « la petite phrase » n’en est pas moins présente dans de nombreux champs discursifs. Ce colloque souhaite interroger l’hypothèse de l’extension de la petite phrase à des domaines autres que celui du discours médiatique et politique. « La petite phrase » est en effet l’expression choisie par Proust dans La Recherche pour désigner un passage de la sonate de Vinteuil qui bouleverse le narrateur au moment de son écoute (Dorra, 2005).

Dès lors, en arts visuels comme dans le texte, qui est l’auteur de la petite phrase ? Est-ce un procédé d’écriture, de composition du côté de l’auteur qui anticipe le repérage et la segmentation future de l’énoncé ou, chez le peintre, du dettaglio (Arasse) ? Est-ce un phénomène de réception, du côté de celui-celle qui découpe, reprend, relance, répète, du côté de l’énoncé court (Dessons) ou du particolare (Arasse) ? Ces phénomènes de reprise d’un segment détachable, internes ou externes à l’œuvre source, peuvent s’envisager aussi bien du côté de la production que de la réception. Ainsi interrogée, la petite phrase semble avoir, au travers de corpus très différents, politiques, musicaux, littéraires, visuels, la caractéristique de frapper (percussion) en ouvrant soudainement sur ce qui ne semble être en fait que sa répétition (répercussion), stratégiquement envisagée en politique, profondément ressentie en littérature et en arts.

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