À quelles conditions une interprétation peut-elle (ou non) faire intervention ? » écrivait Michel Pêcheux en 1983. C’est cette question qu’ont souhaité reposer les organisateurs de ce 1er colloque en analyse du discours, organisé à l’université de Poitiers.

Ce colloque souhaite s’inscrire dans la continuité :

  • De la démarche politique des pionniers et pionnières de l’AD, et en particulier du colloque « Matérialités discursives » qui s’est tenu en avril 1980 à Nanterre et réunissait les principaux théoriciens et praticiens de l’AD. Que reste-t-il, quarante ans après, de l’esprit de ce colloque qui se donnait notamment pour objectif d’ouvrir « un espace de confrontation entre des disciplines se définissant par des champs hétérogènes (la langue, l’histoire, l’inconscient) mais qui toutes ont affaire avec du discours » (Françoise Gadet) ? En plus de l’interdisciplinarité (souvent invoquée, pas toujours réellement pratiquée), quelles conceptions du sujet, de la langue, de l’histoire sous-jacentes ou explicites apparaissent dans les approches contemporaines en analyse des discours ?
  • D’approches théoriques qui soulignent l’importance du geste critique de l’AD, qu’il s’agisse de l’école d’ESSEX ou de la CDA.
  • Des travaux sur l’engagement du chercheur, objet de plusieurs collectifs récents parmi lesquels : l’ouvrage Analyse du discours dans la société. Engagement du chercheur et demande sociale (dir. F. Pugnière-Saavedra, F. Sitri et M. Veniard. Champion, 2012), le numéro 11 de la revue d’Argumentation et Analyse du discours paru en 2013, le numéro anniversaire de la revue Langage et société en 2017.

 

De la revendication d’une neutralité descriptive, qui serait gage de scientificité, à la manifestation d’une convergence entre pratique de l’AD et démarches militantes, en passant par le fait d’assumer un positionnement critique à travers le choix de l’objet d’étude, des interprétations, de la démarche ou de l’ancrage théorique, quelle part chacun et chacune observe-t-elle ou il dans sa propre pratique ou dans celle d’autres chercheurs et chercheuses, entre description, geste critique et intervention ?

La question est d’actualité, à l’heure où de plus en plus d’analyses sociologiques, historiques ou autres s’appuient sur le langage, à l’heure où de plus en plus de chercheurs et chercheuses en AD travaillent sur des enjeux politiques majeurs de ce début de XXIème siècle (genre, sexe et sexualité, migration et xénophobie, néo-libéralisme et inégalités, marketing politique, écologie…), à l’heure aussi où des mouvements de neutralisation de la portée politique de l’AD tendent à cantonner la portée critique à l’analyse critique des discours (CDA).

Télécharger le programme.

  • La vie étudiante continue sur les réseaux sociaux !