« Le genre décrit par la grammaire n’est pas avant tout une catégorie grammaticale […]. Il est une catégorie politique » (M. Wittig)

La langue est un sujet sensible, car elle touche à ce qu’il y a de plus profond (« langue maternelle » dit-on), de plus symbolique mais aussi de plus quotidien. C’est pourquoi on entend parfois que vouloir « féminiser » est inutile, secondaire.C’est oublier que la féminisation dont on parle (depuis les circulaires de 1986 et de 1998 sur la « féminisation des noms des métier, fonction, grade ou titre ») est en fait la réponse à une « masculinisation » de la langue française qui a eu lieu à partir du XVIIème siècle sous l’égide de l’Académie française, organe du pouvoir politique absolu qui souhaitait véhiculer son idéologie par la langue (aussi).
Sur ce point, voir notamment Eliane Viennot, Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin (éditions Ixe, 2014) et son site qui répertorie ses ouvrages et articles sur le sujet.

Pour mettre en oeuvre cette « démasculination » de la langue, on peut s’aider d’un grand nombre de documents, qui permettront de se refamilariser avec une langue où le masculin n’est pas le neutre, où le féminin n’est pas invisible. Ce n’est qu’une question d’habitudes à retrouver :

  • Le « Guide pour une communication publique sans stéréotype de sexe » a été rédigé par le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes afin de combattre les stéréotypes de sexe dans la communication, interne comme externe, des pouvoirs publics.
  • Un « Guide de rédaction épicène » a été rédigé par l’Université de Sherbrooke, le Québec étant traditionnellement en avance sur la France sur ces questions-là :
  • Un petit « Memento » a été rédigé à l’Université de Tours, intéressant car adapté aux fonctions, titres, grades universitaires.

À l’Université de Poitiers, seul le règlement des examens de l’UFR Lettres et Langues est actuellement non masculinisé grâce son assesseure à la pédagogie, Sybille Lajus. Ce texte découlant de la charte des examens de l’université précise l’organisation des enseignements au sein de l’UFR Lettres et Langues.

Sous la direction de Stéphane Bikialo, linguiste et vice-président à l’égalité entre les femmes et les hommes, un groupe d’étudiant.e.s de Licence 3 du département de lettres entreprend en vue de la rentrée 2017 une démasculinisation des principaux textes administratifs (chartes, dossiers d’inscriptions, et formulaires de scolarité).


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