Maria Alma Moran

Lauréate de la bourse Jeunes Chercheurs Coimbra Group

Parfois, la vie, c’est comme un roman. Les chapitres peuvent vous emmener à l’autre bout du monde, mais chaque étape est nécessaire pour comprendre l’histoire. C’est ce que doit se dire María Alma Moran, de séjour à Poitiers en février 2016, après un séjour de recherche à Princeton l’an passé, dans le cadre de son étude des manuscrits de Juan José Saer, écrivain argentin disparu en 2005.

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En effet, la thèse d’Esthétique qu’elle consacre à l'Universidad Nacional de La Plata à la relation entre Juan José Saer et Marcel Proust repose sur l’exploitation des manuscrits qu’elle a pu consulter à Princeton, à Poitiers et à Rennes. Ainsi, María Alma parcourt à son tour les villes étapes où Saer a écrit et enseigné en France, à la recherche de documents dispersés ça et là, pour rassembler l’oeuvre foisonnante et prolifique de cet auteur originaire de Serodino.

Alors, pourquoi venir à Poitiers étudier les manuscrits d’un écrivain argentin?

Tout simplement pour bénéficier de l’expertise du CRLA dans l’étude de ce type de documents, pour avoir accès aux archives de Cortázar aussi (autre auteur argentin décédé en 1984), et, surtout, pour apprendre la rigueur méthodologique nécessaire à la mise en lumière des nouvelles, récits et romans produits par Saer. A partir des 350 documents récoltés, on comprendra mieux comment cet auteur polémique a développé un style dérangeant, à la fois complexe et original, symptomatique de son identité d’auteur de « la zona ».

Grâce à la bourse Jeunes chercheurs du Coimbra Group, María Alma a étendu son réseau bien au delà de l’axe France-Argentine, grâce aux rencontres avec des étudiants, professeurs et chercheurs français, chiliens, allemands, etc. au CRLA, à la MSHS, ou lors de la réception d’accueil des chercheurs internationaux organisée à la Mairie de Poitiers. Accompagnée de son conjoint Roberto, illustrateur et professeur aux Beaux-Arts de La Plata, ils ont même fait escale à Angoulême pour le Festival de la BD, et  rendront visite à d’autres membres de la famille installés en France.

Si l’on juge par le sourire qu’ils arborent quand ils nous parlent de ce mois passé à Poitiers, on voit que leur séjour a tenu toutes ses promesses et même plus: charmés par le patrimoine de la ville autant que par l’Opéra McBeth vu au TAP et les concerts du Plan B, enrichis par les rencontres et les enseignements tirés de ce séjour, c’est avec l’espoir de nous revoir bientôt qu’ils rentrent au pays, non sans avoir fait bénéficié leurs hôtes d’un séminaire sur la microfiction typique d’Argentine, et  avec une publication à venir dans la revue « Escritural ».

Publié par Jean Marie Pincemin

Dernière mise à jour le 14 mars 2016


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