Asfaneh Gaillard : « Je suis passée des fleurs au cerveau »

Professeur à l’université de Poitiers et responsable d’une équipe de recherche, Asfaneh, dont le pays d’origine est l’iran, vit à Poitiers depuis maintenant 30 ans. si elle n’avait qu’un mot pour se décrire : « Je suis une femme avant tout ! ». Asfaneh est une femme épanouie dans son travail, elle nous confie « si je devais revenir en arrière, je ferais exactement la même chose ».

Asfaneh  Gaillard :

Asfaneh Gaillard : "je ne pourrais pas faire mieux ailleurs"

Si vous étiez un livre ?
« Je lis par phase, je choisis un thème de lecture et pendant 6 mois je ne lis que sur ce thème-là ! La 2e guerre mondiale, l’Inde... Je me passionne pour les livres qui racontent les conditions de vie des gens dans certains pays, leur
souffrance, on ne peut pas rester neutre face à tout ça, même si quand on part en vacances, on ne voit que le bon côté des choses... »

Un plat ?
« Les riz-au-lait de ma grand-mère, elle en faisait toujours pendant mon enfance lorsqu’on allait la voir pour les vacances. »

Un tableau ?
« Guernica de Picasso, par exemple, bien que je le trouve très dur, il amène à une rétrospection intéressante. J’aime aussi les tableaux qui montrent la nature sans en citer un en particulier. »

Un paysage ?
« La nature au printemps, je déteste le froid ! »

Une chanson, un disque ?
« La montagne de Ferrat. »

À quel moment avez-vous su que la recherche allait être votre destinée ?
« Au début je voulais être fleuriste, notamment parce que j’adore la nature en général et les fleurs en particulier. Bouquiniste m’aurait beaucoup plu aussi. » ce sont les enseignants qui lui ont fait aimer les sciences au collège et surtout les neurosciences à l’université. Leur rôle a été primordial dans son choix de carrière, ils « m’ont petit à petit fait passer des fleurs au cerveau ».

Quel est le cœur de votre thématique de recherche ?
« Avec mon équipe, j’essaye de trouver des thérapies qui visent à guérir les lésions du cerveau pouvant survenir par exemple à la suite d’accidents de voitures ou encore qui sont observées chez les patients atteints de la maladie de Parkinson (maladie neurodégénérative). Dans ces deux types de maladie, on essaie de modéliser la lésion par le biais d’animaux qui "miment" ces pathologies : on est obligé de créer de façon artificielle la maladie sur des souris (car les animaux ne la contractent pas de façon spontanée) et on essaie de voir si on peut les guérir en remplaçant les cellules nerveuses atteintes par des cellules saines obtenues sur des fœtus de souris. On observe ce qui se passe après transplantation, si les déficits ont disparu et si la région du cerveau abimée est à nouveau fonctionnelle. On est tout le temps en train d’apprendre, on ne se lasse pas, il n’y a rien de monotone... »

Quel impact la médiatisation de vos recherches a-t-elle eu sur votre quotidien ?
Jusqu’en 2007, il y avait un dogme qui répandait l’idée qu’on ne pouvait pas réparer le cerveau. « Notre équipe a été la première à démontrer qu’il était possible de le faire grâce à la thérapie cellulaire ». Grâce à cette découverte, l’équipe a reçu d’importants
financements de l’anr (agence nationale pour la recherche) et a vu ses articles publiés dans la revue scientifique de renom Nature à plusieurs reprises. « J’ai eu plusieurs propositions notamment à Paris depuis cette médiatisation mais il est vrai qu’à Poitiers on allie qualité de vie et de travail, on bénéficie de beaux locaux, notamment avec l’arrivée de la nouvelle animalerie. Je ne pourrais pas faire mieux ailleurs donc je ne souhaite vraiment pas partir. »

Publié par webmaster

Dernière mise à jour le 20 octobre 2016


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