De l’Angola à l’IUT GEA… Tout pour les études !

Memoria Tiago MANUEL et Adilson Armando TOMAS ont tout quitté pour étudier.

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Lauréats d’une bourse, ces deux Angolais, étudiants en 2e année d’IUT GEA (gestion des entreprises et des administrations), sont séparés de leur famille depuis plus de deux ans et découvrent avec curiosité, et parfois surprise, la culture et la vie universitaire françaises.

Université : “Comment êtes-vous arrivés à l’Université de Poitiers ?”
Adilson : « Nous avons obtenu une bourse d’études en réussissant au concours Sonangol  (organisé par l’entreprise publique angolaise éponyme). On ne savait pas vers quel pays nous partirions. Six mois avant notre départ, nous avons suivi des cours de français, comme les 77 autres étudiants en partance pour la France et nous sommes trois à être arrivés à Poitiers en octobre 2015. »
Université : “Quel a été votre parcours depuis votre arrivée en France ?”
Memoria : « Nous avons commencé par une année au centre FLE (Français Langue Etrangère) pour apprendre la langue. »
Adilson : « Au début, c’était un peu difficile avec la langue. Nous avons ensuite intégré l’IUT et nous sommes actuellement en 2e année. »
Université : “Pourquoi l’IUT GEA ?”
Memoria : « C’est Campus France (*) qui a choisi l’IUT GEA de Poitiers pour nous. Nous ne connaissions pas le fonctionnement universitaire français. Nous avions simplement choisi de suivre une filière économique. La bourse obtenue couvre nos études jusqu’au Master. »
(*) : opérateur national pour les étudiants boursiers étrangers
Université : “Comment se passe votre formation ?”
Memoria : «Avec les autres étudiants,  ça va mieux cette année. On communique davantage, même si je reste souvent en retrait car j’ai peur de déranger et me retiens de parler. »
Adilson : « Les professeurs de l’IUT ont beaucoup aidé à notre intégration. Ils sont toujours là pour les questions liées à la formation et des questions personnelles. Ils sont disponibles, nous conseillent… ça me rappelle mon père et ça me motive beaucoup. Et Madame Sabrina Delb, responsable de l’accueil des étudiants internationaux, nous accompagne depuis le début. C’est notre mère à tous !
Au niveau pédagogique, je trouve le programme assez chargé comparé à l’Angola. Le système de notation est aussi totalement différent ainsi que les temps de contrôle… trop courts ! »
Université : “Quel a été votre premier regard sur la culture française ?”
Memoria : « Le peuple français est assez réservé comparé aux angolais qui sont très ouverts. Ça a été un choc au début, mais maintenant, ça va. »
Adilson : « J’ai été vraiment frappé à mon arrivée  par le nombre de jeunes qui fument, garçons ou filles. Les jeunes français ont une conception différente de la liberté. Je me demande comment ça se passe dans leur maison.»
Université : “Qu’avez-vous pu observer du peuple français en-dehors de l’Université ?”
Adilson : « Notre stage de 4 semaine en fin de 1re année nous a permis de voir le fonctionnement des relations au travail. Je me suis bien entendue avec une personne en âge d’être ma mère et ça m’a rappelé mon pays.
Pour moi s’adapter, c’est observer une nouvelle culture. J’aimerais voir comment fonctionne une famille française. »
Université : “Y a-t-il des barrières à une meilleure intégration ?”
Adilson : « J’ai du mal à me faire de vrais amis parmi les jeunes. Ils aiment les soirées, la bière… ce n’est pas compatible avec l’éducation que j’ai reçue. C’est une véritable barrière. »
Memoria : « En Angola, nous nous contentons d’être ensemble et de parler. En plus ici, les soirées étudiantes sont le jeudi et je ne peux pas sortir et suivre les cours le vendredi. Pourtant l’an dernier, juste après la fête d’intégration, on a constaté que les étudiants se parlaient comme s’ils se connaissaient depuis longtemps. C’est étonnant ! »
Université : “Quel serait votre souhait ?”
Adilson : « Je n’ai jamais eu l’opportunité de rencontrer une famille française. J’aimerais voir les relations entre les différents membres. En plus ma famille me manque. J’aimerais retourner voir ma mère à la fin de mon Master…  en 2021 ! »
Memoria : « En Angola la conception de famille est beaucoup plus large que l’unité familiale française parents-enfants. Donc chez nous, on est toujours en famille. On s’habitue à vivre seul, mais c’est parfois difficile… »

A noter :
-    Depuis l’interview, Adilson a pu rencontrer une famille de Poitiers pour les fêtes de Noël dans le cadre de l’initiative de la Mairie de Poitiers « Poit’étrangers », permettant la rencontre d’étudiants internationaux avec des familles autour généralement d’un repas convivial, le temps de Noël étant un temps privilégié de rencontre et de partage. Adilson a beaucoup apprécié ce temps peu avant Noël au sein d’une famille « sympa et très accueillante ».

-    Deux autres étudiants angolais ont rejoint l’université de Poitiers, plus précisément l’IUT d’Angoulême après leur année d’apprentissage du français à Compiègne. Ils préparent un DUT génie électrique et informatique industrielle.

Publié par Valerie Soulard

Dernière mise à jour le 6 mars 2018


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